Bonjour, nous utilisons des cookies pour améliorer notre site et votre expérience. En continuant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plus
Accepter

Pourquoi le PER oblige les épargnants à prendre plus de risque

    A propos de Winoom

    Winoom est un service de surveillance qui aide l'investisseur à protéger ses placements des crises financières.
    Testez la protection Winoom sur vos actifs

    pendant 30 jours. Carte de crédit non requise.

    Vous souhaitez être accompagné pour démarrer avec Winoom ? Contactez-notre service support

La mobilisation générale est lancée et rien ne l’arrêtera. Les promoteurs du nouveau Plan d’Épargne Retraite (PER) sont déjà à l’affût. Les réseaux bancaires et assurantiels, mis sous pression par les autorités, se préparent à y rabattre une partie de l’épargne sécurisée. Quant aux épargnants, ils évoluent dans un environnement financier menacé par l’éclatement des bulles spéculatives, la baisse de la croissance mondiale, les surendettements privés et publics (230 000 milliards $ fin 2019), et les conflits commerciaux. 2020 sera donc pour eux l’année de tous les risques.

Quand Bruno Le Maire réunit les professionnels de l’épargne et leurs autorités de tutelle le 12 novembre dernier, ce n’est pas pour leur parler maîtrise de risque. C’est pour promouvoir le nouveau Plan d’Épargne Retraite (PER), lancé par la loi Pacte, et faire pression sur les réseaux bancaires et assurantiels afin qu’ils le diffusent en masse. « Plus simple, plus souple, plus avantageux (…), le nouveau PER a vocation à devenir le produit phare (…) pour tous les Français », affirme le ministre en ajoutant : « tout en améliorant le financement de notre économie ». En clair, il ne fera que des heureux. La promesse est-elle tenable ?

Aujourd’hui, la plus grande part de l’épargne est placée sur des produits sécurisés qui ne permettent pas de préparer efficacement l’avenir. Leur rendement est si faible qu’ils font de l’épargne une simple réserve de précaution, sans valorisation à la hauteur du besoin. Pour autant, les mêmes épargnants rechignent à investir sur les marchés financiers qui leur ont parfois coûtés si cher. La moitié des investisseurs particuliers qui y étaient exposés en 2008 sont aujourd’hui partis. 

En 2020, le nouveau PER serait-il la solution miracle pour réconcilier l’épargnant et le risque ? Malgré les apparences, il pourrait représenter plus un piège qu’une réelle opportunité.

Nouveau PER : un fonctionnement complexe


Il va falloir d’abord déchanter sur un point : le nouveau Plan Épargne Retraite n’est pas aussi simple et souple que le ministre le dit. En effet :

  • Si le PER est présenté comme un « produit unique destiné à remplacer de multiples dispositifs (PERP, Madelin, Perco, Article 83), il existe en réalité trois PER différents : le PERIN (individuel), le PERCOL (entreprise) et le PERO (entreprise)…
  • Dans chacun de ces trois PER, trois compartiments doivent être distingués : un compartiment individuel pour les versements volontaires, un compartiment collectif pour les dispositions d’intéressement et de participation et, enfin, un compartiment catégoriel pour les versements obligatoires…
  • Les conditions de sortie du PER dépendent du compartiment : la sortie du capital est possible pour les compartiments individuel et collectif ; la sortie en rente est obligatoire pour le compartiment catégoriel…
  • La fiscalité diffère aussi : la sortie en capital soumet les gains réalisés sur les versements volontaires au Prélèvement Forfaitaire Unique – aujourd’hui de 30% ; les gains réalisés sur les versements obligatoires sont soumis aux prélèvements sociaux - aujourd’hui de 30% ; la sortie en rente est soumise à l’impôt sur le revenu…

Pour résumer, la souplesse apparente du nouveau PER n’est due qu’à l’intégration dans un seul produit « générique » de plusieurs produits rigides par eux-mêmes. En quelque sorte, on a fait un placement souple avec des pièces rigides. Un assemblage marketing compliqué à maîtriser qui ne sera pas sans incidence :

  • Combien d’épargnants  renonceront à la simplicité des solutions sécurisées pour un tel dispositif ? 
  • Combien d’épargnants y souscriront réellement « en toute connaissance de cause » ? 
  • Combien d’épargnants y placeront leurs capitaux en pensant avoir seulement changé d’enveloppe ?

Pas certain qu’on puisse faire le bonheur des épargnants malgré eux. D’autant que la question de la maîtrise du risque de marchés posée par les particuliers n’est toujours pas traitée…

Des épargnants obligés de prendre plus de risques


Si les explications sur le fonctionnement du PER - ses « caractéristiques et ses horizons » comme disait le ministre - sont exhaustives et disponibles, les explications sur le cœur du produit – le placement, sa gestion et son risque qui feront ou pas la réussite de l’investissement – sont partielles, avares de mots et difficiles à trouver. Visiblement, le sujet intéresse peu les promoteurs alors même qu’il obsède les épargnants !

Le site du ministère, par exemple, qui devrait être un modèle d’objectivité, fait la promotion du produit en réservant quelques lignes à peine (très incomplètes) au sujet de la gestion de l’épargne. Mais rien sur la maîtrise du risque.

Essayons donc d’être un peu plus précis que l’autorité publique en nous appuyant sur un document diffusé sur Internet pour découvrir la façon dont seront gérés les capitaux. 

Dans ce document, par défaut, il est précisé que sans volonté contraire explicite de l’épargnant, ses capitaux seront gérés sur les marchés par une société de gestion, par délégation, pour la durée du produit. Dans sa rubrique « MODE DE GESTION », le document précise : « à défaut de choix, le mode de gestion sera la Gestion Horizon Retraite profil Équilibre». C’est clair : si l’épargnant ne coche rien, il sera exposé aux marchés. Deux alternatives existent : l’épargnant peut choisir un autre profil toujours en délégation de gestion et en exposition aux marchés - l’un plus prudent, l’autre plus dynamique. Il peut aussi s’affranchir de la délégation et opter pour une « Gestion libre », laquelle lui donnera la possibilité de sélectionner les supports et de les arbitrer si nécessaire, si l’environnement financier se dégrade. Mais avec une contrainte de taille : avoir en permanence au moins 40% de son actif exposé aux marchés… 

L’intention est donc claire. Le PER est un dispositif de gestion exposant l’épargnant au risque, quoiqu’il choisisse, sans autre maîtrise que celle déjà proposée par les sociétés de gestion. Peut-on imaginer que le(s) PER réussiront dans ces conditions à provoquer le grand basculement de l’épargne « improductive » en épargne exposée aux marchés ? 

Difficile à croire, sauf à escompter l’emprise du marketing et la force des réseaux commerciaux pour convaincre les épargnants rétifs ou insuffisamment armés pour résister à une proposition qu’ils n’oseront pas refuser… Avec la bénédiction des pouvoirs publics. 

Difficile à croire, sauf à changer (enfin) la façon de gérer l’épargne sur les marchés financiers, avec plus de maîtrise de risque. C’est ce que nous proposons aujourd’hui avec Winoom pour les épargnants. C’est ce que nous proposerons demain pour les professionnels de la gestion et du conseil. Un sujet crucial, à la veille d’une décennie 2020 qui s’annonce explosive sur les marchés financiers. Un sujet encore négligé…


Patrick Herter, CEO de Winoom

[Image de couverture : illustration réalisée par Evemarie pour Winoom ©FRN Ingénierie]


Publié le 19-11-19
Dernière édition mercredi 20 novembre 2019 09h22
Revenir

Winoom est un service de surveillance qui aide l'investisseur à protéger ses placements des crises financières.